L’ombre de Tapie
L’ombre de Tapie
Après l’inculpation de DSK, la France n’est pas en situation de faire cocorico sur les estrades internationales. Ni pour dire un mot sur sa succession à la tête du FMI. Et voilà l’inespéré. Les Européens soutiennent la candidature de Christine Lagarde; le Japon et le Brésil font savoir qu’ils se rallieront à une candidature européenne. Le numéro deux du FMI, qui est américain, déclare que Mme Lagarde ferait un très bon numéro un.
C’est presque un plébiscite. Si elle était nommée, elle serait la première femme à accéder à ce poste prestigieux. Ceux qui la soutiennent sont ceux qui l’ont vue à l’œuvre durant la crise. Ils ne sont que louanges pour une « personnalité positive, sa quête de solutions et de consensus, son expérience éminente et… sa classe ». Si vous ajoutez qu’elle parle très bien anglais, qu’elle connaît très bien l’Amérique. Chapeau!
Mais il y a un hic. Elle risque d’être rattrapée par l’affaire Tapie. Le 1er avril, neuf députés socialistes ont interpellé le procureur général près la Cour de cassation, Nadal (il part à la retraite dans un mois), afin qu’il saisisse la Cour de justice de la République (CJR). Ils lui reprochent d’avoir choisi la procédure arbitrale pour régler le conflit qui opposait les avocats de Tapie et l’État depuis quinze ans. « Abus d’autorité », disent-ils. Elle aurait dû consulter le Parlement.
Lorsqu’elle est arrivée à Bercy, le dossier était sur son bureau.
Réponse de la CJR dans quelques jours. Après ce qui vient de se passer, il serait tout de même très dommage et dommageable pour la France que Christine Lagarde soit empêchée d’aller à Washington.
Catherine Nay
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